Vendredi soir, la Galerie Magnetic à Bordeaux s’est transformée en arène d’expression pour le vernissage de “MOI J’AIME BIEN LA BAGARRE”, la nouvelle exposition solo du street artist français RNST. Une installation visuelle intense qui ne ressemble à rien de ce qu’on a vu récemment dans le paysage artistique bordelais — tant par la force de ses images que par la profondeur de ses messages.
Un ring d’émotions et de réflexions
Dès l’entrée, l’exposition pose un cadre : pas de spectacle décoratif, mais un espace de confrontation. Ici, la « bagarre » n’est pas une métaphore légère. C’est un langage visuel, une manière de questionner notre époque, les tensions sociales, les contradictions du monde contemporain et les conflits intérieurs qui nous traversent tous. RNST, qui a appris son art dans la rue, puise dans une pratique née du graffiti, du pochoir, du collage et de la sérigraphie, ce qui confère à ses œuvres une puissance immédiate et brute. Ses pochoirs emblématiques et ses sérigraphies, certaines issues de dix années de travail, dialoguent avec des pièces inédites créées pour l’occasion. Mais, derrière la provocation, il y a aussi une poésie singulière : des visages masqués, des figures fragiles, des métaphores de résistance, de fragilité humaine ou de rébellion douce. On n’est pas ici dans la dénonciation primaire, mais dans une observation poétique du monde, où l’artiste se place aux côtés de ceux qui résistent (intérieurement comme collectivement).
Des œuvres qui sont autant de coups portés à l’indifférence
La scénographie de l’exposition transforme la galerie en ring mental : les pochoirs comme autant de coups portés à l’indifférence, les sérigraphies comme des cris visuels qui demandent à être entendus. Certaines pièces semblent murmurer des vérités crues, d’autres assènent des images à l’impact presque physique. La force de l’œuvre de RNST réside dans ses contrastes : il mêle la rébellion et l’intime, la politique et l’émotion, l’humour et la gravité. À travers ses visages et ses symboles, on perçoit une critique de la société mais avec une clarté qui laisse peu de place à l’indifférence.
Un vernissage marquant dans l’agenda bordelais
Le vernissage du 12 décembre, qui a attiré amateurs d’art, street art lovers et curieux, a confirmé que Bordeaux pouvait être un terrain fertile pour des propositions artistiques exigeantes et vivantes. Plus qu’une exposition, « MOI J’AIME BIEN LA BAGARRE » est une rencontre entre art urbain et engagement, une invitation à regarder le monde avec un regard lucide, critique et sensible.
Cette exposition de rue n’est pas une simple mise en galerie : c’est un dialogue visuel puissant qui fait résonner l’actualité, les conflits intimes et les paradoxes sociaux. À travers ses pochoirs et sérigraphies, RNST propose une vision critique, poétique et viscérale de nos mondes. Pour qui aime les œuvres qui parlent autant qu’elles cognent, cette exposition est un rendez-vous à ne pas manquer.
📍 L’exposition se tient à la Galerie Magnetic (16 rue du Faubourg des Arts), du 12 décembre 2025 au 12 janvier 2026, avec entrée libre.





















