BORDEAUX CONFIDENTIEL

Les fantômes du Houses of Parliament : un pub, une légende

LES SECRETS DE BORDEAUX

Dans le cœur vivant du vieux Bordeaux, là où les pavés résonnent jusqu’aux nuits les plus noires, se trouve le pub The Houses of Parliament (ou simplement “The Houses”, « Le Houses » ) au 11 rue du Parlement Sainte-Catherine. C’est un lieu qui, dès l’entrée, accueille le brassage des langues, du sport, des rires, et — si l’on en croit les récits — quelque chose d’un peu plus mystérieux. Une ombre, un fracas sans cause, une apparition : les témoignages d’esprits s’y sont murmurés depuis environ 2019, et la légende s’est installée dans les fissures du bois, dans les éclats des verres tard dans la nuit.

Ce qui se raconte : verres, miroirs et silhouettes

Plusieurs témoins — serveurs, habitués — rapportent que certains phénomènes surnaturels s’activent à la fermeture du pub. Une table au fond, si elle n’est pas débarrassée en premier, verrait ses verres basculer d’eux-mêmes, comme projetés par une main invisible.  Caisses de bouteille ou chaises « voyageant » sans qu’on les touche.  Des reflets dans le miroir : une femme en violet dont seul le reflet est perçu, et un homme endormi sur un sofa qui disparaît quand on s’approche.  Ce sont des phénomènes qualifiés de poltergeist par ceux qui les relatent, parfois sources de crainte, surtout lorsqu’il s’agit de descendre à la cave ou de rester seul. 

Ça fout les jetons non ?

Le pub existe depuis 2003, mais le bâtiment qu’il occupe emprunte au passé. On dit que certaines parties ont plus de 300 ans. Une alcôve, située à gauche en entrant, serait l’empreinte d’un ancien puits, aujourd’hui comblé.  La rue elle-même a changé de nom au fil des siècles — de Rua Pey D’adgens à rue Pedagen, puis à rue du Parlement Sainte-Catherine —, et ses ruelles étroites au Moyen Âge ont été le théâtre, sans doute, de drames ou de périls dont aucune trace écrite formelle ne subsiste.  Malgré tout, rien de documenté ne relie explicitement un mort tragique au pub ; la légende semble s’appuyer davantage sur l’imaginaire collectif que sur un événement identifié. 

Ce qui est frappant, c’est la façon dont le personnel et les habitués interrogent la frontière entre le tangible et l’inexpliqué. Beaucoup avouent avoir ressenti une gêne, une peur diffuse : descendre seul à la cave devient une épreuve. D’autres voient dans ces histoires un charme particulier — une saveur mystérieuse qui rend les soirées plus intenses, le pub plus vivant. 

Le sentiment que la légende « fonctionne » parce que le lieu lui-même s’y prête : pierres anciennes, miroirs, alcôves sombres ; ces éléments architecturaux renforcent l’imaginaire. Et même si les phénomènes semblent moins actifs depuis quelques années, la légende ne disparaît pas ; au contraire, elle se nourrit des récits, des supputations, de chaque verre qui tombe « sans raison ». 

Ce que cette légende dit de Bordeaux

À travers le Houses of Parliament, c’est une part de Bordeaux moins visible qui s’exprime — celle des fantômes, oui, mais surtout celle de la mémoire, des histoires nocturnes, de l’atmosphère qu’on ne voit pas mais qu’on ressent. Elle montre que la ville n’est pas faite que de façades restaurées, de commerces ouverts jusqu’à tard : Bordeaux porte aussi ses anomalies, ses fissures, ses mystères.

La légende rappelle que les espaces de vie — pubs, ruelles, vieux bâtiments — sont des réservoirs d’imaginaires, des terrains de récits partagés. Elle invite les habitants, les visiteurs à regarder autour, à écouter les bruissements après la fermeture, à imaginer ce que les pierres pourraient raconter si elles avaient une voix.

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