La rue Sainte-Catherine, s’étendant sur environ 1,2 km du nord au sud de Bordeaux, relie la place de la Comédie (au niveau du Grand Théâtre de Bordeaux) à la place de la Victoire. Son tracé correspond à l’ancien cardo maximus de la ville romaine de Burdigala, preuve que cette voie est un témoin direct de l’occupation antique. Au XIᵉ siècle, la rue tirait son nom d’une chapelle dédiée à Sainte Catherine. Cette chapelle, ouvrage des chevaliers de l’Ordre de Malte, se trouvait au niveau des numéros 60-62 de la rue. Au fil des siècles, la voie s’est transformée : dès le Moyen Âge, elle était déjà un lieu commerçant, puis elle a connu des remaniements urbains, notamment au XVIIIᵉ siècle avec l’élargissement de Bordeaux et la destruction des remparts. Ainsi, la rue Sainte-Catherine incarne l’évolution de Bordeaux d’un centre fortifié médiéval à une ville ouverte, commerçante et moderne.
Le charme d’antan vs la réalité actuelle
Autrefois, la rue Sainte-Catherine était jalonnée de commerces locaux caractéristiques, d’artisans, de petits magasins indépendants et d’échoppes de quartier, dans un décor urbain mêlant ruelles, ateliers, personnages et dynamique de proximité. Aujourd’hui, elle conserve certes une forte vitalité commerciale, mais son visage a changé. Selon les sources, on compte environ 230 boutiques sur l’axe, et on y retrouve majoritairement de grandes enseignes nationales ou internationales. La piétonisation partielle est intervenue dès 1977, puis totale en 1984, ce qui a ouvert une nouvelle ère pour cette rue en favorisant la circulation piétonne. Toutefois, dans cette évolution, certains lui reprochent de perdre un peu de l’âme d’antan : la spécificité artisanale, le « petit commerce » local, mais aussi la diversité d’enseignes typiquement bordelaises. Une source évoque que « mis à part le canelé, les enseignes locales se font rares ». Le contraste se lit aussi dans l’animation : avec une fréquentation très élevée — parfois des dizaines de milliers de personnes les jours de braderie ou de soldes — la rue offre un visage plus “centre commercial à ciel ouvert” que celui d’une voie commerçante de quartier à l’ancienne. Alors, oui, la rue Sainte-Catherine est toujours un lieu d’effervescence, mais certains souvenirs du « avant » — l’ambiance d’échoppe, la diversité locale — s’y retrouvent de façon atténuée.
Alors… c’était mieux avant ?
Quand on scrute l’histoire de la rue Sainte-Catherine et qu’on la compare à sa réalité d’aujourd’hui, on mesure un double mouvement : celui du patrimoine vivant qui perdure — tracé romain, piétonisation, atmosphère commerciale — et celui de la transformation qui touche l’identité de la voie. « Avant », on trouvait peut-être davantage d’artisans, une plus grande variété de commerces typiques de la ville, un rythme de quartier. Aujourd’hui, on retrouve une artère très moderne, à grande échelle, forte d’un commerce puissant, mais peut-être moins « de proximité ». Cela ne signifie pas que c’était forcément « mieux » en tout, mais que l’ambiance a changé. Le regard nostalgique peut voir dans la rue d’hier un charme plus discret, plus communautaire. Le regard contemporain y trouve une densité, une attractivité, une ouverture sur le monde — mais aussi une uniformisation possible. En parcourant la rue Sainte-Catherine, on se demande : cette ambiance “uf” de quartier animé par ses boutiques uniques n’a-t-elle pas laissé place à une mécanique commerciale plus standardisée ? À l’inverse, on peut saluer que la rue ait su s’adapter, se renouveler, rester au cœur de la ville, tout en restant piétonne et vivante. Alors, « c’était mieux avant » peut-être pour certains aspects — artisanal, local, tranquille — mais l’avant-aujourd’hui est aussi un présent qui bat son plein, et la rue Sainte-Catherine reste un lieu de vie, de passage, de mémoire. Chacun à son moment peut se dire : oui, j’ai connu un souvenir d’antan, mais j’y reviens aujourd’hui — et je découvre une ville qui ne s’arrête pas.








