Il y a des expositions qui s’annoncent comme des rendez-vous. Et puis il y a celles qui s’annoncent comme des uppercuts. Le 12 décembre prochain, c’est la seconde catégorie qui débarque à Bordeaux : RNST, figure majeure du street art français, ouvre son expo solo “MOI J’AIME BIEN LA BAGARRE” à la Galerie Magnetic. Le titre donne le ton. L’affiche le confirme. Le style de l’artiste aussi. Entre ironie frontale, engagement sans détour et humanité brute, RNST n’est pas du genre à tendre l’autre joue — il tend plutôt un miroir, parfois violent, souvent tendre, toujours lucide.
RNST, l’artiste qui préfère la rue aux détours
Né dans les années 1970 à Paris, actif depuis les années 1990, RNST appartient à cette génération qui a fait du graffiti un langage quotidien, un réflexe, un territoire libre. Autodidacte, passé par le pochoir, le collage, le graffiti, la sérigraphie. Il appartient aux artistes qui n’ont rien demandé à l’Académie et qui ont tout appris sur les murs, la nuit, le bitume, les terrains vagues. Son œuvre est clairement engagée. Mais pas morale. Il dénonce sans sermonner. Il pique sans agresser. Il raconte sans enrober.
RNST, ce sont :
- des visages masqués, comme un rappel que l’anonymat raconte parfois mieux que les identités affichées ;
- des images choc, mais jamais gratuites ;
- des thèmes politiques et sociaux, du traitement des migrants aux violences policières ;
- et cette tendresse sous-jacente, presque romantique, qui rend chaque pièce plus humaine que militante.
C’est sa marque : il parle de monde, de société, de rapports de force mais toujours avec cette capacité rare à garder une part d’enfance, d’humour, de poésie.
“Moi j’aime bien la bagarre” : une expo qui promet des coups de poing visuels
RNST : 30 ans de murs, d’encre et de prises de position
RNST ne débarque pas de nulle part. Son parcours est jalonné d’expositions fortes, souvent en collectif, parfois en solo, et d’une présence active dans la rue depuis plus de trente ans.
Quelques repères fiables de son parcours :
- Galeries permanentes : Bear Galerie (Uzès), Lavomatik (Paris), Orlinda Lavergne (Mulhouse), X23 Gallery (Leipzig), Colab Gallery (Allemagne).
- Événements notables : ARTTAK Festival (Bergerac 2023), ART3G Bordeaux en 2015, ST’ART Strasbourg (plusieurs éditions).
- Expos solo marquantes : « Happy Days » au Lavomatik (2019).
- Publications engagées : Les Murs Révoltés, Le Street Art et Charlie, et plusieurs ouvrages personnels dont Sans Dieu ni Titres.
RNST est de ceux qui continuent d’écrire leur histoire dans la rue autant que sur les murs des galeries.
“Moi j’aime bien la bagarre” : une expo qui promet des coups de poing visuels
Le titre peut faire sourire, mais ici, la « bagarre » n’a rien de gratuit. C’est un langage. Un point de vue. Un état du monde. RNST ne fait pas l’apologie du conflit ; il observe la comédie humaine, ses tensions, ses absurdités. L’affiche dévoile déjà l’esprit : un boxeur juvénile qui tient debout face à une mascotte géante qui vacille. Un combat symbolique : le petit contre le géant, l’individu contre la société-spectacle, le courage contre la machine. Son expo à Bordeaux s’annonce fidèle à son ADN : pas de gants, mais de l’encre ; pas de discours, mais de l’impact.
Infos pratiques confirmées
- 📍 Galerie Magnetic, 16 rue du Faubourg des Arts – Bordeaux
- 🗓 12 décembre 2025 → 12 janvier 2026
- 🎉 Vernissage vendredi 12 décembre – 19h à 22h
La Galerie Magnetic (déjà habituée aux accrochages street art costauds) accueille ici l’une des voix les plus fortes de la scène française.





