Hier soir, jeudi 15 janvier 2026, une partie de la team Bordeaux Confidentiel a pris place autour d’une table pas tout à fait comme les autres. Au restaurant Amicis, la gastronomie ne s’est pas contentée d’être exécutée : elle a été racontée, mise en dialogue, pensée comme un récit. Le nom de la soirée donnait d’emblée le ton — Wine Dinner – Les Dialogues du Goût en 7 chapitres — et il ne s’agissait pas d’une formule marketing, mais bien d’une véritable construction narrative autour du goût.
Invitée par Maison Castel, maison de négoce et de châteaux aux racines profondément ancrées dans le vignoble français, cette soirée réunissait ce que Bordeaux sait faire de mieux : de grands vins, une cuisine de haute précision et une volonté assumée de transmettre une émotion, plus qu’un simple accord mets-vins.
Un dîner à six mains, pensé comme un récit
Le principe était clair : un dîner gastronomique à six mains, orchestré par trois chefs étoilés, dans une atmosphère volontairement détendue, presque complice — “un dîner de chefs entre potes”, selon l’expression entendue en salle.
Autour des fourneaux :
- Alexandre Baumard, chef d’Amicis (1 étoile Michelin), hôte de la soirée.
- John Argaud, venu avec l’un de ses plats signatures, une étoile michelin.
- Mathieu Viannay, doublement étoilé et meilleur ouvrier de France, reconnaissable à sa célèbre collerette.
Chacun a cuisiné son plat emblématique, non pas pour briller individuellement, mais pour s’inscrire dans une progression collective. Le kokotxas de John Argaud, tout en tension iodée et en précision, et le chou signature de Mathieu Viannay — faussement simple, techniquement redoutable — ont marqué les esprits sans jamais écraser le reste du menu. Ici, le propos n’était pas la démonstration, mais la cohérence.
Face aux assiettes, les vins n’étaient pas relégués au rang d’accompagnement. Ils étaient co-auteurs du récit. Sélectionnés et présentés par Châteaux & Domaines Castel, ils dessinaient une trajectoire claire, de la fraîcheur initiale à des expressions plus profondes et méditatives.
Parmi les maisons et cuvées mises en lumière :
- Château d’Yquem
- Château Montlabert
- Château Guiraud
- Château Beychevelle
Chaque chapitre reposait sur un équilibre précis : tension et gras, fraîcheur et profondeur, texture et longueur. Les accords ne cherchaient pas l’évidence spectaculaire, mais plutôt une conversation subtile, parfois presque silencieuse, entre le verre et l’assiette. On sentait un vrai travail en amont, une réflexion partagée entre chefs et équipes vin, loin du simple “vin qui accompagne un plat”.
Une scène gastronomique qui raconte autre chose
Au-delà du plaisir immédiat, cette soirée dit beaucoup de l’évolution de la scène gastronomique bordelaise. On ne vient plus seulement dîner ; on vient vivre une expérience construite, presque scénarisée, où le convive devient lecteur autant que dégustateur. Chez Amicis, la salle était rythmée par un ballet des chefs présentant les plats avec leur équipe de sommeliers et serveurs, en plus des représentants des crus goûtés. Rien d’ostentatoire, rien de figé. Juste une envie commune de faire dialoguer le goût, de créer un souvenir durable plutôt qu’un moment spectaculaire et oublié le lendemain.
Ce Wine Dinner – Les Dialogues du Goût en 7 chapitres n’était pas un simple dîner accords mets-vins. C’était une démonstration douce mais convaincante que la gastronomie peut encore surprendre quand elle accepte de ralentir, de raconter, de transmettre. Une soirée où le vin parlait autant que la cuisine, où les chefs cuisinaient ensemble sans ego, et où Bordeaux confirmait, une fois de plus, sa capacité à faire dialoguer son patrimoine viticole avec une création culinaire contemporaine, vivante et sincère.
Une expérience rare, élégante et profondément juste — validée par Bordeaux Confidentiel.
























